Simone Veil (z’l)

Hommage à Simone Veil,

femme de combats, femme pionnière

Simone Veil fera son entrée au Panthéon, sur demande du Président Emmanuel Macron, avec son époux Antoine Veil. Pionnière dans bien des domaines, elle était une «personnalité forte, d’une humanité rare, d’une intelligence du monde et d’une grande sensibilité»[1].

Née dans une famille juive «très laïque», elle dira: «Mon appartenance à la communauté juive ne m’a jamais fait problème. Elle était hautement revendiquée par mon père, non pour des raisons religieuses mais culturelles.»[2]. A ses yeux, si le peuple juif demeurait le peuple élu, c’était parce qu’il était celui du Livre, le peuple de la pensée et de l’écriture. Membre de la Synagogue de la rue Copernic à Paris, elle émet le vœu que le Kaddish soit récité lors de son ensevelissement. «Elle était l’expression d’un judaïsme intelligent et ouvert sur le monde, une lutte déterminée pour l’égalité entre les hommes et les femmes, une pionnière de la construction européenne.»[3].

André Jacob, son père, est architecte. Avec son épouse Yvonne, ils ont quatre enfants: Madeleine, Denise, Jean et Simone, la cadette, née le 13 juillet 1927 à Nice. Sous le gouvernement de Pierre Laval, André Jacob perd le droit d’exercer sa profession et Yvonne passe ses journées à chercher de la nourriture pour sa famille.

En mars 1944, Simone passe son baccalauréat. Le 30 mars 1944, alors qu’elle s’apprête à fêter la fin des épreuves du bac, elle est arrêtée avec sa famille. Le 13 avril 1944, Simone, sa mère et sa sœur Madeleine sont envoyées à Drancy dans le convoi 71 à destination d’Auschwitz Birkenau où elles arrivent le 15 avril au soir. Un prisonnier lui conseille de se dire âgée de plus de 18 ans pour passer la sélection et éviter l’extermination. Une ancienne prostituée devenue kapo lui sauve la vie en la mutant dans une annexe d’Auschwitz et en lui disant: «Tu es trop belle pour mourir.». Elle accepte à condition que sa mère et sa sœur la suivent. Son père et son frère sont déportés en Lituanie par le convoi 73.

Simone est transférée à Bergen Belsen au cours d’une des «marches de la mort». Simone, Madeleine et Denise sont les seules survivantes de la famille.

Après son retour en France, Simone se tient prête à parler, mais elle a l’impression que personne ne veut l’écouter. C’est par son autobiographie que le monde apprendra  ses combats. Son fils Pierre-François, avocat, sera plus tard aussi Président du Comité français pour Yad Vashem.

En 1946, elle épouse Antoine Veil, futur inspecteur des finances et chef d’entreprise. Après des études de sciences politiques, elle entre dans la magistrature comme haut fonctionnaire au Ministère de la justice. Malgré une carrière politique étonnante, elle restera toujours très proche de ses trois enfants et de ses 11 petits-enfants.

Elle est la première femme à être nommée Secrétaire générale au Conseil supérieur de la magistrature (1970), la première femme nommée au Conseil d’administration de l’Office de radiodiffusion-télévision française (1971) et Ministre de la santé sous le gouvernement Chirac.

En 1974, Valéry Giscard d’Estaing la charge de faire adopter la loi dépénalisant  l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle gagne ce long combat, souvent critiqué, avec l’adoption de la «loi Veil».

Elle est la première Présidente du Parlement européen de 1979 à 1982 et est nommée Ministre d’état, Ministre des affaires sociales, de la santé et de la Ville, puis elle siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.

Défenseur de nombreuses causes civiques et en particulier défenseur de la femme, Docteur Honoris Causa de nombreuses universités, Grand Officier de la Légion d’honneur, Simone Veil est élue à l’Académie française en 2008 où elle occupe le fauteuil de l’écrivain Jean Racine.

Considérée comme l’icône de la lutte contre la discrimination des femmes en France et comme l’une des promotrices de la réconciliation franco-allemande et de la construction européenne, Simone Veil s’est éteinte le 30 juin 2017.

Son amie, l’avocate Gisèle Halimi déclare : «Il y a des féminités aujourd’hui, mais des femmes comme Simone Veil, non». Elle laissera un grand vide en politique et dans le cœur de beaucoup de Français.

Sources: dossier de presse de AMS (Association pour la Mémoire de la Shoah) ; Wikipédia, 30 août 2017

Sarabella Benamram

Membre de la Commission Programme

[1]     Benoît Bensahel, Président de l’Union libérale de France (ULIF).

[2]     Simone Veil, Une Vie, 2007.

[3]     Benoît Bensahel.